Révision du Plan de Convergence post‑2025 de la COMIFAC : le REFADD affine sa contribution pour une gouvernance forestière plus inclusive
Les 21 et 22 mai 2026, le Réseau des Femmes Africaines pour le Développement Durable (REFADD), en collaboration des Antennes nationales et avec l’appui technique et financier de la Commission des Forêts d’Afrique Centrale (COMIFAC), a organisé un atelier régional hybride (en ligne et en présentiel) depuis son siège à Yaoundé.
Cette rencontre s’inscrivait dans le cadre de la révision en cours du Plan de Convergence post‑2025 de la COMIFAC, une étape stratégique majeure pour l’avenir de la gouvernance forestière et environnementale en Afrique centrale.
Une ouverture marquée par un appel à l’engagement collectif
La cérémonie d’ouverture a été marquée par le mot de bienvenue de Mme Aline Kana Fomekong, Point Focal REFADD Cameroun.
Dans son allocution, elle a salué la mobilisation des Antennes nationales et rappelé l’importance de cette étape stratégique pour l’avenir du Bassin du Congo. Elle a souligné que la participation active des femmes dans les processus décisionnels régionaux n’est plus une option, mais une nécessité pour garantir la durabilité des politiques forestières et climatiques.
Mme Monique YIGBEDEK, Coordinatrice régionale du REFADD, a ensuite rappelé le rôle du réseau en tant qu’organe spécialisé genre de la COMIFAC. Elle a insisté sur la responsabilité du REFADD d’apporter une contribution technique structurée, alignée sur les priorités régionales et les engagements internationaux récents.
Une révision stratégique dans un contexte de fortes pressions
À l’heure où le Bassin du Congo subit la pression combinée de l’exploitation forestière et minière, des effets croissants des changements climatiques et des dynamiques économiques mondiales (Cadre mondial de la Biodiversité Kumning-Montréal et autres), la révision du Plan de Convergence revêt une importance cruciale pour l’avenir de ce poumon vert de la planète et des millions de populations qui en dépendent.
Cette révision ne constitue pas seulement un exercice technique de planification. Elle représente un véritable repositionnement stratégique de la sous‑région face aux enjeux globaux liés au climat, à la biodiversité et au développement durable. Elle offre l’opportunité de renforcer la cohérence des politiques régionales, d’intégrer pleinement les engagements internationaux récents et de consolider des approches inclusives, notamment en matière de genre et de participation communautaire.
Dans ce contexte, la contribution du REFADD apparaît essentielle pour garantir que les priorités, les besoins, les savoirs et savoirs-faire des femmes soient pleinement intégrés dans le nouveau cadre stratégique régional.
Une mobilisation régionale forte
Ont pris part aux travaux les représentations nationales de la Guinée Équatoriale, de la RD Congo, du Rwanda, du Cameroun, de la République Centrafricaine, du Congo, du Tchad, du Burundi et du Gabon. Le seul pays dont nous regrettons l’absence, est Sao Tomé et Principe.
Placés sous la coordination de Mme Monique YIGBEDEK, Coordinatrice régionale du REFADD, les échanges ont permis de porter de manière concertée la voix des femmes d’Afrique Centrale dans les réflexions stratégiques sur le futur Plan de Convergence.
Un cadre inclusif pour structurer les contributions des femmes
L’objectif principal de cet atelier était de créer un cadre régional de concertation afin de recueillir et structurer les contributions des femmes d’Afrique Centrale à la révision du Plan de Convergence post‑2025.
De manière spécifique, les travaux ont permis de :
- Renforcer la compréhension des membres du REFADD sur les enjeux et la méthodologie de révision du Plan de Convergence ;
- Identifier les opportunités concrètes offertes aux femmes du Bassin du Congo dans le nouveau cadre stratégique ;
- Recueillir les besoins, attentes et propositions des femmes en matière de gouvernance forestière, de biodiversité et de lutte contre le changement climatique ;
- Proposer des mécanismes clairs et inclusifs garantissant une représentativité institutionnelle effective des femmes dans les instances régionales de gouvernance ;
- Engager une réflexion sur la redynamisation du réseau et la révision du Document de Stratégie 2018‑2025 du REFADD.
Vers une meilleure intégration du genre dans le nouveau Plan de Convergence
Dans son intervention, Mme Monique YIGBEDEK a rappelé le rôle du REFADD en tant qu’organe spécialisé de la COMIFAC sur les questions de genre. Elle a souligné la nécessité d’adapter la vision et les contributions du réseau à l’évolution du contexte international, marqué par de nouveaux engagements en matière de biodiversité et de climat.
Si la dimension genre figurait déjà comme axe transversal dans le précédent Plan de Convergence, le REFADD plaide pour une intégration d’un axe consacré sur les populations marginales qui constituent les femmes, les peuples autochtones, les filles, les garçons, les handicapés, les déplacés etc…, pour que ce groupe trouvent place prépondérante dans cet important document de gestion forestière et environnementale, afin d’éviter toute marginalisation et de garantir une prise en compte effective des priorités des femmes.
Des échanges techniques pour renforcer la qualité des propositions
Les participants ont bénéficié d’un exposé technique présenté par Mme Valérie TCHUANTE TITE, Expert en Suivi‑Évaluation à la COMIFAC, portant notamment sur:
- Les enjeux et défis de la conservation et de la gestion durable des forêts en Afrique centrale ;
- Le rôle et le leadership de la COMIFAC dans la gouvernance forestière et environnementale ;
- Les justifications et la méthodologie de révision du Plan de Convergence ;
- L’intégration du genre dans le processus en cours ;
- L’état d’avancement et les prochaines étapes.
Ces échanges ont permis d’harmoniser la compréhension des enjeux et de mieux structurer les recommandations du REFADD.
Mme Dancilla Mukakamari, Coordinatrice régionale adjointe du REFADD et Point Focal Rwanda, a centré son intervention sur la Convention sur la Diversité Biologique (CDB).
Elle a rappelé que la CDB reconnaît l’importance de la participation pleine et effective des femmes dans la conservation et l’utilisation durable de la biodiversité. Elle a souligné que l’alignement du futur Plan de Convergence avec les engagements pris dans le cadre de la CDB constitue une opportunité stratégique pour renforcer la cohérence des politiques régionales.
Elle a plaidé pour une meilleure prise en compte des engagements liés au genre dans la mise en œuvre des stratégies nationales et régionales biodiversité.
Mme Marie Tamoifo, Coordinatrice du Réseau des Jeunes pour les Forêts d’Afrique Centrale (REJEFAC), a quant à elle développé une analyse du Cadre mondial pour la biodiversité Kunming‑Montréal.
Elle a mis en évidence que ce nouveau cadre international accorde une attention particulière :
- À l’inclusion sociale ;
- À l’équité ;
- À la participation des femmes et des jeunes dans la gouvernance environnementale.
Elle a souligné que la révision du Plan de Convergence offre une occasion unique d’intégrer ces nouvelles orientations mondiales, notamment à travers des objectifs mesurables et des mécanismes de suivi clairs.
Les recommandations issues des travaux seront consolidées dans un document officiel qui constituera la contribution formelle du REFADD au processus de révision du Plan de Convergence post‑2025.
À l’issue des travaux du 21 et du 22 mai 2026, un comité restreint a été mis en place pour finaliser ce document stratégique.
Une réflexion sur la redynamisation du réseau
En marge des discussions techniques, les Antennes nationales ont également échangé sur la redynamisation du REFADD. Face au contexte mondial et régional marqué par la rareté des financements dans le secteur environnemental, les participants ont souligné l’importance d’une mobilisation accrue des ressources au niveau national, en complément des efforts de la Coordination régionale.
Une réunion du réseau est prévue en juillet 2026 à Yaoundé afin de poursuivre cette dynamique de restructuration et de consolidation.
À travers cette mobilisation régionale, le REFADD réaffirme son engagement à contribuer activement à une gouvernance forestière inclusive, participative et sensible au genre, au service de la conservation de la biodiversité et de la résilience des communautés du Bassin du Congo.





